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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 15:26
 
 Durant la pièce "En Attendant l'algérie", un invité prend la parole
Saïd Bouamama, sociologue
"L'alliance entre l’intégrisme économique et le fascisme islamiste"
(intervention-improvisation du 16 mars 2001 à la Ferme du Bonheur à Nanterre)


 


Les racines de l’intégrisme sont de 2 types.
D’abord un terrain fertile qui existe depuis 62, terrain qui est constitué de la négation de la diversité culturelle algérienne et de son identité. Sous prétexte d’unité politique, on a confondu unité et unicité.
Secondo, on a sans cesse depuis 62 sous prétexte de priorité, reporté à plus tard la question des droits démocratiques et du droit de la société civile à exister. Pendant toute cette période, pour éviter les contestations sociales, on a à chaque fois utilisé l’Islam, pour éviter les prises de conscience et éviter les remises en cause.

Lorsqu'arrive au tournant de la décennie 80 le nouvel ordre international, lorsque l’ultralibéralisme conquiert la planète, en Algérie l’heure est également à la privatisation. A ce moment-là se pose la question de faire passer la pilule. Comment faire passer la pilule au peuple algérien ? Lui qui s’était battu pendant 7 ans, lui qui avait réussi à imposer un niveau de vie supérieur à certains pays d’Afrique ? Du fait de la peur de la contestation sociale, l’intégrisme va être cet instrument en semant la terreur, ce qui permettra de faire passer les privatisations, de faire passer la politique du FMI et ce qui  permettra aux grandes puissances de s’acapparer le pétrole et le gaz algériens.

Simplement la question qui reste posée à l’époque c’est qui va en retirer les fruits ?
Et là se posent 2 parties de la bourgeoisie algérienne, celle qui a grandi dans le giron de l’Etat et qui s’est enrichie par l’intermédiaire des sociétés nationales, qui a pillé l’économie publique et de l’autre côté les nouveaux trabendistes, cette classe spéculative, ceux qui se sont enrichis avec la spéculation du trabendo, qui veulent être eux aussi du gâteau. Et c’est en cela que s’affrontent en Algérie d’une part le pouvoir, d’autre part l’intégrisme.
Le grand perdant c’est bien entendu le peuple, qui d’un côté paye l’intégrisme économique du pouvoir qui par l’intermédiaire d’une politique ultralibérale pousse à la pauvreté et d’un autre côté paye l’intégrisme assassin qui égorge, qui tue, qui massacre des enfants.

L’Algérie n’est pas soumise à un seul intégrisme, elle est soumise à 2 intégrismes, l’intégrisme économique d’une part, et l’intégrisme politique fasciste d’autre part. Et effectivement dans ce cadre-là il est très difficile de résister. Il est très difficile parce ce que ce qui se joue c’est simplement pour chaque algérien, chaque syndicaliste, chaque femme le combat pour exister encore un jour. Et quand on a peur de mourir, on ne peut pas penser à ses intérêts économiques, quand on a peur de mourir, on ne peut pas penser au droit démocratique, on cherche à survivre et c’est toute la clé de la situation algérienne. Pour éviter la prise de conscience démocratique, pour éviter les remises en cause, il y a une alliance entre l’intégrisme économique et le fascisme islamiste.

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