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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 15:54
 

"En Attendant l'algérie"  de Zalia Sékai d'après l'oeuvre de Kateb Yacine s’est jouée en particulier à Nanterre du 1er février au 18 mars 2001, à la Ferme du Bonheur.
La participation était libre, à la discrétion du public.
Elle a également été jouée à l'Epée de bois Cartoucherie Vincennes le 26 novembre 2001.




Presque chaque soir, un invité apporte un point de vue pendant la pièce, afin que s'initie un débat après la représentation, prolongeant l'action dans la bouche même du spectateur devenant acteur... Renouant ainsi avec la tradition grecque où le théâtre était aussi le lieu du débat public.

L’intervention est un principe de réalité, nécessaire pour sortir de la présentation spectaculaire.
L’amphithéâtre antique était aussi le lieu du débat public, c’est avec cet esprit que nous avons voulu renouer. Chaque soir un invité vient rompre le déroulement du spectacle. Un projecteur s’allume dans la salle, éclairant l’invité, durant 5 à 10 mn, l’intervenant s’exprime, le projecteur s’éteint puis la pièce reprend. Le moment de la coupure est choisi avec l’auteur selon le contenu du discours.
Notre intention est de décentrer la parole, l’auteur, à travers le comédien, n’est plus le seul à parler. Nous voulons initier le débat, fausser les effets tyranniques de la parole en sortant la voix de la scène. La parole n’est plus, là, représentée (le comédien récitant le texte d’un autre), mais délivrée... Si le lieu qui n’a pas de lieu cherche un lieu qui n’a pas de lieu c’est que l’espace que nous occupons et voulons circonscrire le temps de cette représentation n’appartient plus à son directeur, n’appartient pas à l’auteur, le comédien ou le metteur en scène, il n’appartient pas non plus au public, il est devenu une surface de tension et d’échange. Nous voulons faire entendre des voix qui ne soient plus théâtrales, nous voulons que les ombres fassent place aux vivants.
A la suite du débat, un thé à la menthe est grâcieusement offert, prolongeant ainsi la discussion au sein du public.

«Peintre j’ai voulu faire de la peinture par d’autre moyen, j’ai voulu rendre visible la parole contrastée, révoltée de Zalia Sékaï. La couleur dessinée, projetée assume cette fonction dans la pièce autant que le comédien qui réfléchit cette parole.»
Laurent Marissal, metteur en scène


Quelques-uns des invités

  
-jeudi 8 février,
Mohamed Benrabah, linguiste, auteur de Langue et pouvoir en Algérie
-vendredi 9 février, 
Djillali Hadjadj, journaliste, auteur de Démocratie et corruption en Algérie,
-samedi 10 février,
Gyps, humoriste algérien,
-dimanche 11 février,
Nassera Dutour, présidente du collectif des disparus
-jeudi 15 février,
Gilbert Grandguillaume, sociologue, linguiste.
-vendredi 16 février,
Yasmina Boudjenah, députée européenne.
-vendredi 23 fevrier,
Dominique Caubet, linguiste, professseur d'arabe maghrébin à l'Inalco
-dimanche 24 février,
Hamid Salmi, ethnopsychiatre
- samedi 3 mars,
Christian Freu, citoyen.
- vendredi 16 mars,
Saïd Bouamama, sociologue
- 18 mars,
Roger des Prés, propriétaire de la Ferme du Bonheur.


Extraits d’interventions


«(...) les hommes des casernes  n'ont qu'à reprendre le chemin des casernes".
Djillali Hadjadj, vendredi 9 février 2001

« Je veux être algérien, et j’ai dit en voulant être algérien, je mettrai tout dedans comme cocktail, je mettrai du berbère, du phénicien, du romain, du vandale, de l’arabe, du turc, du français. Je mettrai du judaïsme, je mettrai du christianisme, je mettrai de l’islam, je mettrai de l’athéisme. Je secoue tout ça et j’ai l’algérien, l’algérianité. »
Mohamed Benrabah, jeudi 8 février 2001





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